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Les SARMs : ce qu'il faut savoir

Familles de produits · 8 min de lecture · Mis à jour le 23 mai 2026

L'essentiel

  • ●Les SARMs ciblent le même récepteur androgène que les stéroïdes mais avec une affinité différentielle selon les tissus — forte dans muscle/os, faible dans peau/cheveux/prostate.
  • ●Rapports anabolique/androgénique avancés : 90/1 pour RAD-140, 100/10 pour LGD-4033, 100/33 pour Ostarine (vs 100/100 pour la testostérone) — moins d'acné, moins d'effet sur les cheveux, mais SUPPRESSION HPTA présente malgré tout.
  • ●Dosage typique : Ostarine 10-30 mg/jour, LGD-4033 5-10 mg/jour, RAD-140 5-15 mg/jour — demi-vie 15-36 h, donc une prise quotidienne suffit.
  • ●Le marché des SARMs est très hétérogène : sans certificat d'analyse de tiers, le risque de produit sous-dosé, mal dosé ou différent de l'étiquette est élevé.

Sommaire

  1. 1. Mécanisme : la sélectivité tissulaire en pratique
  2. 2. Les principaux composés : profils et fourchettes
  3. 3. Suppression HPTA : ce que les bilans montrent vraiment
  4. 4. Qualité produit : le talon d'Achille
  5. 5. PCT et structure de cycle
  6. 6. Attentes réalistes : ce que les SARMs font (et ne font pas)

Les SARMs (Selective Androgen Receptor Modulators) ont été présentés depuis les années 2010 comme « la voie orale sans effet secondaire » des stéroïdes. La réalité est plus nuancée : ils suppriment réellement l'axe HPTA pour la plupart, leur qualité produit varie énormément selon les sources, et leur recul clinique reste court. Ce guide pose ce qu'ils sont, ce qu'ils font, ce qu'ils n'ont pas — et comment encadrer leur usage si on choisit d'y aller.

Pour le cadrage transversal des familles de produits, voir le guide SARMs / stéroïdes / peptides. Pour la décision de PCT, le guide PCT des SARMs.

Mécanisme : la sélectivité tissulaire en pratique

Un SARM se lie au récepteur androgène — le même récepteur ciblé par la testostérone et par les stéroïdes anabolisants. Sa particularité tient à une affinité différentielle selon les tissus : forte dans le muscle et l'os, faible dans la peau, les cheveux ou la prostate [2]. Sur le papier, on retrouve l'effet anabolisant musculaire sans la part des effets secondaires androgéniques classiques. Dans la pratique, la sélectivité n'est jamais totale, et la dose change la donne — à dose élevée, on retrouve une partie des effets qu'on cherchait à éviter.

Le rapport anabolique/androgénique avancé est typiquement très favorable : 90/1 pour le RAD-140, 100/10 pour le LGD-4033, 100/33 pour l'Ostarine (à comparer au 100/100 de la testostérone). Cela ne signifie pas zéro effet androgénique, mais un déséquilibre marqué en faveur de l'action anabolisante musculaire — moins d'acné, moins d'effet sur les cheveux pour la plupart des utilisateurs.

Cette sélectivité n'élimine pas la suppression de l'axe HPTA [1]. L'occupation du récepteur androgène par un SARM envoie le même signal de rétro-contrôle négatif à l'hypothalamus qu'une testostérone exogène — la production endogène se réduit ou s'arrête. C'est l'erreur la plus fréquente sur les SARMs : croire que « pas d'aromatisation » = « pas de suppression ».

Les principaux composés : profils et fourchettes

ComposéDosage hommeDemi-vieSuppression HPTAProfil
Ostarine (MK-2866)10–30 mg/j24 hModérée (légère < 20 mg)Sèche, recomp, recovery
LGD-4033 (Ligandrol)5–10 mg/j24–36 hFortePrise de masse sèche
RAD-140 (Testolone)5–15 mg/j15–20 hForteForce, masse sèche, agressivité
MK-677 (sécrétagogue, pas un SARM)10–25 mg/j24 hNulle (pas d'action HPTA)Récupération, sommeil, GH/IGF-1
Cardarine (PPARδ, pas un SARM)10–20 mg/j16–24 hNulleEndurance, lipolyse

Ostarine : la porte d'entrée

L'Ostarine est le SARM le plus étudié et le plus toléré. Fourchette typique : 10 à 30 mg/jour, en une prise. Suppression légère sous 20 mg/j et chez la plupart des utilisateurs, suffisante pour de la recomposition corporelle et de la préservation musculaire en sèche. Une mini-PCT (Nolvadex 20 mg/j sur 4 semaines) est souvent suffisante. Cycles de 8 à 12 semaines.

LGD-4033 : le plus anabolisant

Le LGD-4033 (Ligandrol) est le plus anabolisant des SARMs disponibles : les gains à 5–10 mg/j sont comparables à une faible dose de testostérone, mais la suppression HPTA est marquée — souvent au niveau d'une cure légère [3]. PCT complète recommandée (Nolvadex 40/40/20/20 mg). Cycles de 8 à 10 semaines.

RAD-140 : le plus puissant

Le RAD-140 (Testolone) est considéré comme le plus puissant des SARMs. Excellent rapport anabolique/androgénique sur le papier (90/1), gains de force notables. Dose typique 5 à 15 mg/jour. Suppression HPTA significative, parfois agressivité ressentie, signaux capillaires possibles à dose élevée. PCT complète obligatoire. Cycles courts (6 à 8 semaines).

MK-677 et Cardarine : deux molécules à part

Le MK-677 (Ibutamoren) n'est pas un SARM : c'est un sécrétagogue de l'hormone de croissance. Il n'agit pas sur le récepteur androgène et ne supprime pas le HPTA. Demi-vie 24 h, prise unique en soirée. Effets attendus en 4 à 12 semaines : récupération, qualité de sommeil, légère hausse de l'IGF-1, appétit augmenté. Surveillance glycémie/HbA1c pour usage prolongé (résistance à l'insuline possible).

La Cardarine (GW-501516) n'est pas un SARM non plus : c'est un agoniste PPARδ qui agit sur le métabolisme et l'endurance. Lipolyse marquée, endurance cardiovasculaire améliorée, légère hausse du HDL. Dose 10 à 20 mg/j. Pas de suppression HPTA.

La Cardarine est associée à un signal cancérigène dans des études animales (rats) à très fortes doses et sur de longues durées [6]. La transposition à l'humain reste incertaine, mais le développement clinique du composé a été arrêté pour cette raison. Les usages communautaires se font en cycles courts — moins de 12 semaines — pas en continu, et c'est la précaution minimale à respecter.

Suppression HPTA : ce que les bilans montrent vraiment

La suppression de l'axe HPTA sous SARMs est documentée par plusieurs études cliniques courtes et par les bilans sanguins post-cycle des utilisateurs [1]. Trois ordres de grandeur ressortent.

  • Ostarine 10–20 mg sur 8 semaines. Suppression légère à modérée chez la plupart des utilisateurs ; LH et FSH typiquement à 30–60 % du baseline en fin de cycle, testostérone totale réduite mais souvent dans la fourchette basse normale. Récupération rapide (4 à 6 semaines) avec mini-PCT.
  • LGD-4033 5–10 mg sur 8 semaines. Suppression marquée comparable à celle d'une cure de testostérone à dose contenue. LH/FSH effondrés en fin de cycle, testostérone totale très basse. PCT complète indispensable.
  • RAD-140 10–15 mg sur 6–8 semaines. Suppression similaire à celle du LGD. Plus l'agressivité ressentie et une légère augmentation possible des transaminases chez certains utilisateurs.

Sans bilan avant/après, ces ordres de grandeur restent des moyennes : la réponse individuelle varie. Le guide des marqueurs hormonaux détaille la lecture d'une LH, d'une FSH et d'une testostérone post-SARMs.

Qualité produit : le talon d'Achille

Le marché des SARMs est moins encadré que celui des stéroïdes de laboratoires souterrains historiques. Les analyses indépendantes (rares mais existantes : laboratoires de toxicologie associatifs, études publiées en 2017 et 2020 sur des produits achetés en ligne) ont régulièrement trouvé des produits sous-dosés, contenant des prohormones non déclarées (qui aromatisent et sont hépatotoxiques) ou de simples placebos. Quand le marketing promet « SARM 99 % pur, certificat tiers », l'origine du certificat doit pouvoir être vérifiée.

  • Un cycle de SARMs sans bilan sanguin (LH/FSH/testostérone avant et après) ne dit pas si le produit était actif ou non — et toute conclusion sur « ce que ça a fait » est subjective.
  • Un certificat d'analyse vérifiable provient d'un laboratoire identifié, avec numéro de lot reproductible, et le vendeur autorise la contre-expertise.
  • Un sous-dosage explique une cure « décevante » plus souvent que les utilisateurs ne le pensent.
  • Une substitution par prohormone explique une cure « beaucoup plus dure que prévu » (gynécomastie sous Ostarine, par exemple).

La règle pratique : faire une baseline complète (LH, FSH, testostérone totale et libre, œstradiol, hématocrite, lipides, ALAT) juste avant le cycle, et la même 4 à 6 semaines après la fin de la PCT. Sans ces deux points de mesure, on ne sait littéralement pas ce que la cure a fait.

PCT et structure de cycle

La PCT est la même logique que pour un cycle de stéroïdes : restaurer la production endogène de testostérone le plus vite et le plus complètement possible après la fin du composé. Le détail des protocoles est dans le guide PCT des SARMs. En synthèse :

  • Ostarine à dose contenue. Mini-PCT au Nolvadex 20 mg/j pendant 4 semaines, si la suppression ressentie ou mesurée est légère.
  • LGD-4033, RAD-140, ou Ostarine à dose élevée. PCT complète Nolvadex 40/40/20/20 mg (4 semaines), parfois Clomid 50/50/25/25 mg en cas de suppression sévère mesurée. Voir le guide Nolvadex vs Clomid.
  • MK-677, Cardarine, sécrétagogues GH. Pas de PCT requise — pas de suppression HPTA.

Le calcul du délai entre la dernière prise et le début de la PCT est plus simple qu'avec les esters longs : les demi-vies des SARMs étant courtes (15 à 36 h), une PCT démarrée 1 à 3 jours après la dernière prise est cohérente. Le guide délai avant relance donne la logique générale.

Attentes réalistes : ce que les SARMs font (et ne font pas)

Ce que les SARMs font bien : recomposition corporelle propre (Ostarine), préservation musculaire en sèche, gains de force notables (RAD-140), prise de masse sèche modérée (LGD-4033), récupération améliorée (MK-677), endurance (Cardarine). Sur un utilisateur déjà entraîné, on parle généralement de gains de 2 à 5 kg de masse musculaire sur un cycle de 8 à 10 semaines de LGD ou RAD — bien moins qu'une cure de testostérone à dose efficace, mais sans injection.

Ce que les SARMs ne font pas : ils ne remplacent pas une cure de stéroïdes pour les utilisateurs qui visent la masse maximale ; ils ne sont pas « sans suppression » ; ils ne dispensent pas du monitoring sanguin ; ils n'ont pas le recul clinique long terme des stéroïdes. La sécurité sur 10, 20 ou 30 ans d'usage répété reste inconnue.

Pour qui débute par les SARMs plutôt que par les stéroïdes, le guide première cure de SARMs développe la démarche pas à pas.

Questions fréquentes

Les SARMs sont-ils détectables aux contrôles antidopage ?

Oui. Tous les SARMs (Ostarine, LGD-4033, RAD-140) figurent sur la liste des substances interdites de l'Agence mondiale antidopage depuis 2008, sous la catégorie « autres agents anabolisants ». Les fenêtres de détection varient (Ostarine 4 semaines, LGD-4033 3 semaines, RAD-140 2 semaines) mais sont réelles. La Cardarine, le MK-677 et le CJC-1295 sont également interdits en compétition.

Faut-il un inhibiteur d'aromatase avec les SARMs ?

Non — les SARMs n'aromatisent pas. Pas besoin d'anti-aromatase pendant le cycle. Quand des signes œstrogéniques apparaissent malgré tout (sensibilité mamelonnaire sous Ostarine, par exemple), suspecter en premier la qualité du produit (substitution par prohormone) avant tout autre mécanisme. Un bilan œstradiol tranche.

Peut-on stacker plusieurs SARMs entre eux ?

Techniquement oui, et plusieurs stacks classiques existent (Ostarine + Cardarine pour la sèche ; LGD + MK-677 pour la prise ; RAD + Cardarine pour la recomp). En pratique, stacker multiplie les variables et les suppressions : un stack LGD + RAD à dose pleine donne une suppression HPTA totale comparable à une cure d'AAS. La règle reste la même qu'avec les stéroïdes : commencer par un seul composé, mesurer ce qu'il fait, puis envisager ou non d'en ajouter.

Sources

Études et publications scientifiques sur lesquelles ce guide s'appuie.

  1. Solomon ZJ, Mirabal JR, Mazur DJ, et al. (2019). Selective Androgen Receptor Modulators: Current Knowledge and Clinical Applications. Sexual Medicine Reviews. doi: 10.1016/j.sxmr.2018.09.006

    Revue systématique sur les SARMs : mécanisme tissu-sélectif, profil clinique, suppression réelle de l'axe HPT, effets hépatiques et lipidiques rapportés (élévation transaminases, baisse HDL), et recul clinique long terme quasi inexistant — le panorama de référence du dossier SARMs en 2019.

  2. Bhasin S, Jasuja R (2009). Selective androgen receptor modulators as function promoting therapies. Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care. doi: 10.1097/MCO.0b013e32832a3d79

    Revue Bhasin et Jasuja sur le rationnel pharmacologique des SARMs : ligands du récepteur androgène à conformation différente des stéroïdes, recrutant des co-régulateurs distincts selon le tissu — base biologique de la sélectivité visée muscle/os vs peau/prostate.

  3. Basaria S, Collins L, Dillon EL, et al. (2013). The safety, pharmacokinetics, and effects of LGD-4033, a novel nonsteroidal oral, selective androgen receptor modulator, in healthy young men. Journal of Gerontology: Series A — Biological Sciences and Medical Sciences. doi: 10.1093/gerona/gls078

    RCT de phase I (76 hommes sains, 21 jours, 0,1 à 1 mg/j) : LGD-4033 augmente la masse maigre de façon dose-dépendante et supprime fortement la testostérone totale, la SHBG, le HDL et les triglycérides — démonstration clinique humaine de l'activité du LGD à des doses très inférieures à celles utilisées en musculation.

  4. Dalton JT, Barnette KG, Bohl CE, et al. (2011). The selective androgen receptor modulator GTx-024 (enobosarm) improves lean body mass and physical function in healthy elderly men and postmenopausal women: results of a double-blind, placebo-controlled phase II trial. Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle. doi: 10.1007/s13539-011-0034-6

    Phase II 12 semaines (120 sujets âgés) : énobosarm (Ostarine) à 1 ou 3 mg/j augmente la masse maigre et la fonction physique, avec suppression dose-dépendante de la testostérone totale (-31 % à 1 mg, -57 % à 3 mg) — récupération spontanée dans les semaines suivant l'arrêt pour la majorité.

  5. Miller CP, Shomali M, Lyttle CR, et al. (2010). Design, Synthesis, and Preclinical Characterization of the Selective Androgen Receptor Modulator (SARM) RAD140. ACS Medicinal Chemistry Letters. doi: 10.1021/ml1002508

    Article de design préclinique du RAD-140 (testolone) : caractérisation pharmacologique avec rapport anabolique/androgénique très élevé en modèles animaux, sélectivité tissulaire pour le muscle et l'os, sans recul clinique humain au moment de la publication.

  6. Mitchell JA, Bishop-Bailey D (2019). PPARβ/δ a potential target in pulmonary hypertension blighted by cancer risk. Pulmonary Circulation. doi: 10.1177/2045894018812053

    Revue éditoriale documentant l'historique du GW-501516 (Cardarine) : agoniste PPARβ/δ développé pour la dyslipidémie, abandonné par GlaxoSmithKline après que des études animales (rats et souris, 104 semaines) aient révélé une carcinogenèse multi-organes ; classé comme substance interdite par l'AMA.

  7. Pope HG Jr, Wood RI, Rogol A, et al. (2014). Adverse health consequences of performance-enhancing drugs: an Endocrine Society scientific statement. Endocrine Reviews. doi: 10.1210/er.2013-1058

    Énoncé Endocrine Society incluant les SARMs dans le panorama des produits de performance : suppression HPTA réelle, profil lipidique défavorable et préoccupation hépatique justifiant le monitoring biologique avant/pendant/après usage.

AnaProtoKol est un outil de suivi de santé et de performance. Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement et ne constituent pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé qualifié avant tout protocole.

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  • Ostarine
  • Ligandrol
  • RAD-140
  • Ibutamoren
  • Cardarine
  • Tamoxifen
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